Apprendre à pétrir l'argile
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L’art du pétrissage de l’argile : une pratique de base souvent négligée

Autant vous prévenir tout de suite, pétrir sa terre n’est pas en soi la partie la plus gratifiante du travail, mais c’est une étape indispensable et si on la néglige, on va avoir toutes sortes de difficultés par la suite, comme :
Des fissures, des brisures, des pièces tournées qui s’écroulent…et tout cela parce que la terre n’a pas été pétrie correctement.

À quoi ça sert le pétrissage ?

Pétrir sert à faire sortir les bulles d’air de la terre. Cela va aussi nous être très utile dans d’autres situations comme pour homogénéiser la terre qui n’est pas complètement à la même consistance, rassembler des morceaux de terre épars, etc. Attention ce n’est pas une technique pour réintégrer un morceau sec dans une terre meuble. Cela ne fonctionne pas, tout simplement. Et le risque est de fragiliser toute la pièce finale.
Maintenant nous allons voir que certaines étapes de préparation feront que notre pétrissage sera plus efficace et moins pénible. On veut éviter de faire du pétrissage une corvée !

 

Comment pétrir la terre facilement ?

La préparation

La terre arrive souvent en pain rectangulaire dans un sac en plastique. Avant d’ouvrir le sac, je la frappe au sol. J’essaie de la frapper dans un coin exempt de poussière d’argile pour des raisons de sécurité, on ne veut pas que la poussière vole partout (voir l’article sur la santé et la sécurité). Frapper la terre va permettre de l’assouplir énormément. L’argile est composée de petites plaquettes hexagonales microscopiques qui glissent les unes contre les autres d’autant plus facilement qu’elle est humide. En frappant le sol, le pain d’argile gagne en plasticité car les plaquettes se déplacent les unes contres les autres et la structure de la terre évolue.

La posture

Je mets toujours un pied devant l’autre en me plaçant face à la table. C’est le bon moment pour se détendre et prendre une bonne respiration ! J’évite de me raidir ou de trop me pencher. D’où le choix d’un plan de travail adéquat.

Le plan de travail

Je choisis un plan de travail dégagé d’outils, de bacs d’eau, d’obstacles ou de pièces des collègues qui pourraient chuter (hé oui ça arrive plus souvent qu’on le pense :)). Idéalement la table de pétrissage est recouverte d’un tissu solide en coton et elle est fixée au sol, ou suffisamment lourde pour ne pas bouger. Elle ne doit pas être trop basse pour éviter de trop se courber.

Si la terre est légèrement trop dure, on vaporise un peu d’eau sur le canevas. Juste un peu, sinon ça va aller patiner !

Le truc quand on débute : on n’a pas envie d’investir de suite dans une grosse table de pétrissage ? Qu’à cela ne tienne. On peut recouvrir une planche avec de la toile et la caler contre un objet fixe ou un mur afin qu’elle ne glisse pas.

L’avantage : c’est facile à laver et à ranger et on peut avoir des planches différentes selon les couleurs de terre qu’on utilise. On veut éviter de mélanger les terres de couleurs différentes et de les contaminer.

 

Pétrissage de base : Pétrissage en tête de bélier

Façonner une boule d’environ 450 gr en la tapotant énergiquement entre vos mains. Passez la d’une main à l’autre pour la tasser de tous les côtés.
Placer la boule sur le canevas, les 2 mains près des bords, les doigts à l’arrière enserrant la boule.

On fait rouler la boule vers soi. puis on pousse horizontalement. On n’ écrase pas la terre vers le bas, avec le poids du corps. Le bon mouvement consiste à repousser la terre loin de soi.

Puis on la fait juste rouler entre ses 2 mains vers soi. La base de la boule n’a pas changé de place ! Elle est retenue par le canevas.

Et on recommence le même geste. On pousse, on ramène, on pousse, on ramène. Combien de fois me direz-vous ? Idéalement 50 fois. Oui c’est beaucoup ! Mais ça va vous permettre d’apprendre le geste, et vous serez sûr qu’il n’y pas de bulles d’air.

Les erreurs du débutant

Trop pousser dans la terre :

Au départ on pousse trop et l’argile s’échappe sur les côtés, sous les mains ou entre les doigts. Cela ressemble davantage à un guidon de vélo ou une crêpe qu’à un bélier ! Vous n’avez pas besoin de forcer, allez-y doucement !

Mal positionner ses mains :

Observez-vous, revoyez le positionnement de vos mains qui enserrent la terre sur les côtés. Il n’est jamais bon de se presser en céramique. Tapotez les côtés pour retrouver la forme du bélier et prenez votre temps.

Épuiser sa terre :

En pétrissant trop, vous épuisez la terre, qui va commencer à sécher, alors reprenez plutôt une autre boule et recommencez.

Pétrir une terre trop sèche ou trop humide :

Vous allez vous épuiser, ou glisser en même temps que la boule ! Et faire beaucoup de bouette, comme on dit au Québec. C’est-à-dire une petite boue collante qui va vous gêner et même parfois sécher et glisser des particules dans votre argile.

Prendre trop de terre :

Plus tard nous verrons le pétrissage en spirale qui permet de pétrir de plus grosses boules d’argile et de gagner en efficacité. Mais commencez par maîtriser le pétrissage en tête de bélier avec 400/500 grammes de terre.

 

L’étape finale : ramasser la terre

Vous êtes arrivé au bout, bravo ! Ramenez doucement par petits coups la terre sur elle-même en réduisant le mouvement jusqu’à obtenir une boule (ou une forme compacte ! ). Ce geste évite d’emprisonner de l’air à l’intérieur à la dernière étape.

 

Vérifier son geste

Pour savoir que vous progressez, déchirez votre boule en 2 et observez l’intérieur, vous y trouvez des vides ? c’est qu’il y a encore du travail !

La deuxième façon de s’en rendre compte est au moment de tourner vos pièces, les bulles d’air vont réapparaître lorsque vous ouvrez ou montez vos pièces. Retournez alors à la base et tout le reste sera bien plus facile !

 

Conclusion

Comme le prouvait la tortue de la célèbre fable de La Fontaine :
“Rien ne sert de courir, il faut partir à point.”
et j’ajouterai : pour obtenir un beau bélier !

Alors maintenant à vous de jouer ! Laissez-moi savoir si vous avez des difficultés et de quel ordre. Je serais ravie de vous aider. Si vous connaissez déjà cette technique, pourquoi ne pas revoir vos gammes, vous aurez peut-être des surprises !

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