Poterie qui fissure au séchage
Débutants

Ma poterie fissure au séchage : 5 erreurs à éviter

L’une des plus grandes peurs du céramiste débutant, c’est de voir l’argile des poteries qui fissure au séchage. 😱😱

Vous vous rendez à l’atelier plein d’enthousiasme pour vous rendre compte que votre poterie a fissuré en séchant depuis votre dernière visite ? Ou bien vous sortez une magnifique sculpture du four et, horreur, elle est brisée en mille morceaux ?  Vos assiettes, vos saladiers, les anses de vos tasses ne cessent de se fissurer à la cuisson ? Vos clients se plaignent : Ma tasse préférée s’est cassée, peux-tu m’en refaire une ? Rassurez-vous, les fissures et les bris en poterie comme en sculpture sont monnaie courante, et encore plus quand on débute l’apprentissage de la céramique.

Pourtant comprendre le processus de séchage de l’argile et connaître les 5 erreurs de séchage les plus courantes va vous éviter bien des problèmes !

 

Erreur 1 : méconnaitre le processus de séchage de l’argile

Sans revenir sur la composition de l’argile, je rappelle qu’elle contient de l’eau qui la rend plastique, c’est à dire malléable.  Mais quand on la travaille, ou quand on la laisse à l’air libre, cette eau s’évapore progressivement. Au fur et à mesure du processus d’évaporation, l’argile sèche et se rétracte. 

Ce retrait crée des tensions dans la terre, qui à terme peut créer des fissures plus ou moins profondes. Il est donc essentiel que le processus de séchage soit réalisé dans une atmosphère homogène et légèrement humide. Ainsi tous les éléments sèchent au même rythme.

Voilà pour la théorie, en pratique : n’ignorez pas vos pièces durant le séchage ! Toucher vos pièces (et les aimer 😊) vous apportera plus d’informations que simplement les observer. 

  • Pour une argile humide : la surface est collante, très froide, et le doigt s’enfonce.
  • Pour une argile à consistance cuir : la surface est lisse, mais accroche un peu, moins froide, et l’ongle s’y enfonce.
  • Pour une argile sèche : la surface est lisse et dure, poussiéreuse, à température normale.

On comprend mieux comment “vit la terre” en observant le processus de séchage jour après jour ! 

 

Erreur 2 : mal gérer le séchage de ses pièces d’argile

Une mauvaise gestion du séchage en  céramique c’est : 

  • Un séchage trop rapide,
  • Un séchage dans un endroit trop aéré ou trop exposé à la lumière,
  • Une pièce mal enveloppée durant la création de l’oeuvre,
  • Une pièce mal enveloppée durant son séchage,
  • Une pièce oubliée sur un moule en plâtre,
  • Une pièce stockée directement sur le bois trop rapidement.

Rassurez-vous tout ceci arrive quel que soit le niveau d’expérience du céramiste. Simplement avec le temps on apprend à “connaître sa terre”.

Cela peut paraître évident, mais on l’oublie, le séchage ne se gère pas de la même façon durant la création et une fois la pièce façonnée !

Les étapes à respecter lors de la création : 

  • Ne construisez pas une pièce d’argile sans surveiller tous ses éléments. Au bout de quelques heures certaines extrémités plus fines de la pièce commencent à sécher plus rapidement. Protégez-les avec quelques feuilles de journal légèrement humides.
  • Stockez la pièce d’argile entre 2 séances en “chambre humide”, ainsi la pièce ne sèche pas du tout. C’est à dire avec une double épaisseur de plastique entre laquelle vous mettez un chiffon humidifié.

Les étapes à respecter une fois la pièce terminée : 

  • Votre pièce peut être alors mise “sur et sous plastique” ainsi la pièce va commencer à sécher, cela va grandement aider à améliorer le soutien de la pièce.
  • Après 1 à 3 jours (en moyenne), lorsqu’elle est à consistance cuir, mettez-là directement sur le bois, toujours sous un plastique lâche.
  • Le temps exact est dépendant de la taille de l’oeuvre, de son épaisseur et du type d’argile.

Erreur 3 : façonner des épaisseurs irrégulières

On a vu qu’en séchant, l’argile se rétracte et crée une tension entre les différentes parties de la pièce. Si les épaisseurs ne sont pas uniformes, la terre risque de “tirer” d’un côté et de fissurer de l’autre !

Voici les erreurs à éviter : 

  • Tourner une poterie, tasse et assiette notamment, avec une base trop épaisse,
  • Ajouter de trop gros morceaux d’argile à une sculpture (et créer de petites poches d’air).

Bonne pratique générale :  

  • Mesurez vos épaisseurs tandis que vous créez. Pour cela prenez la terre entre votre index et le pouce, partout où il y a des amas de terre.
  • Si vous faites des pièces planes, comme des assiettes, retournez les, le fond plus épais va mieux sécher.

Au départ j’étais obsédée par l’épaisseur de mes pièces, car j’ai appris d’un puriste en la matière. Mais il y a plusieurs écoles de pratique. 

J’ai aussi eu un professeur qui sculpte par accumulation de matière argileuse “jetée”.  Impossible pour lui de mesurer les épaisseurs ! Certaines de ses oeuvres mesurent pourtant 2 m de haut et ça n’est pas un problème. Mais il a soigneusement choisi sa terre et il gère son séchage et ses cuissons comme un pro !

 

Erreur 4 : coller des morceaux de différentes consistances

Cette erreur est très fréquente, elle se retrouve dans les pratiques suivantes : 

  • Ajouter une anse qui a durci sur le canevas à une tasse encore humide,
  • Ne pas essuyer l’eau au fond de ses pots à la fin du tournage,
  • Assembler les morceaux d’une sculpture qui ont déjà trop durci,
  • Cacher un défaut avec de l’argile trop fraîche.

 

Erreur 5 : mal préparer ses pièces pour la cuisson

La cuisson amplifie les problèmes déjà présents. Des fissures invisibles au séchage apparaissent alors. De plus, à haute température l’air présent dans la pièce se dilate et met une pression sur les parois. Il faut donc éviter que l’air reste capturé !  Mal préparer ses pièces pour la cuisson signifie 3 choses :  

  • La pièce est encore légèrement humide avant d’être mise au four,
  • La pièce est sculptée à partir d’un bloc et a séché sans être évidée,
  • On a oublié de faire un trou pour laisser sortir l’air.

Pour évider votre pièce, coupez la en deux avec un fil de métal, creusez avec un ébauchoir en laissant 1 à 2 cm d’épaisseur, refermez et percez avec une aiguille de potier un petit trou pour laisser passer l’air.

 

Maintenant que vous avez compris les éléments sur lesquels se concentrer pour éviter les fissures, tentez d’adopter des bonnes pratiques.

Et surtout n’oubliez pas, mieux vous connaîtrez votre terre, sa rapidité de séchage, son taux de retrait, sa capacité de déformation ou sa composition, plus vous serez confiant et efficace dans votre pratique.

Pour savoir comment bien choisir sa terre, vous pouvez commencer par consulter mon guide Démarrer la céramique comme un(e) pro. Une terre adaptée à votre projet fait que la pratique reste un plaisir et une découverte agréable.

Malgré tout, il arrive que les fissures soient là, et que vous ne vouliez pas tout recommencer. Je vous montrerai comment réparer  des fissures très simplement dans un prochain article. Alors abonnez-vous au blog pour ne rien manquer ! 

 

 

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