tampon gravure argile
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5 secrets pour graver l’argile avec succès

On découvre 5 secrets pour graver l’argile qui feront de vos décors en poterie de vrais petits chefs-d’œuvre !

Graver l’argile signifie inciser la surface de la terre. Cela peut se faire de très nombreuses façons : à différents stades de consistance de l’argile avant cuisson et parfois même après cuisson, avec subtilité ou de manière plus franche, à main levé ou avec un modèle….

Toutefois il n’y a rien de compliqué, il faut surtout partir à point et faire preuve de persévérance, comme dirait l’autre dans la fable…🐢

 

Secret 1 : Prendre en compte son argile

Toutes les argiles sont bonnes pour être gravées, toutefois le résultat obtenu ne sera pas le même selon vos choix.

Argile chamottée versus lisse

Avec une argile chamottée vous aurez des traces plus brutes et plus vigoureuses. La chamotte aura tendance à affleurer à la surface. Avec une argile lisse ou contenant une chamotte très fine, votre ligne sera davantage définie. Les grains de chamotte ne viendront pas interférer. La porcelaine par exemple est bien adaptée pour créer des lignes très précises.

Argile noire, rouge, blanche

Graver une argile sombre rouge ou noire, peut être plus difficile que de graver une argile claire, crème ou blanche. Dans tous les cas, pensez à adapter la lumière et à l’orienter de façon à bien voir la profondeur de vos traces dans la terre.

Argile fraiche versus argile dure

La consistance de l’argile va bien sûr influencer votre résultat. Si vous gravez dans une argile trop dure, vous devrez forcer davantage et vous risquez de dépasser le motif, de déraper. Si vous gravez dans une argile fraîche, votre geste sera plus fluide. Mais l’argile ne résiste pas assez pour faire des lignes précises et fines à la fois. Il y a donc un juste milieu à trouver qui se trouve à consistance cuir, plus ou moins dure selon votre projet.

 

Secret 2 : Bien dessiner son motif à l’avance

C’est toujours une bonne idée de dessiner le motif que vous voulez graver à l’avance sur une feuille. Mais pensez aussi à dessiner la forme de votre pièce : faites des esquisses selon différents angles et intégrez le motif à vos croquis. Si la forme et le motif s’agencent bien, le mariage se fera beaucoup naturellement sur la pièce réelle.

Ensuite seulement, dessinez le motif à taille réelle pour pouvoir le reporter directement sur la surface de votre poterie.

Ces 2 étapes semblent parfois une perte de temps, elles vont en fait vraiment améliorer le design de votre objet.

Comme le crayon à mine disparaît à la cuisson, vous ne risquez pas grand-chose et vous pourrez toujours poncer le trait de crayon également. Si votre design ne s’adapte pas bien à la forme, vous pourrez l’ajuster au besoin.

 Voir l’article dessiner au crayon sur ses poteries

 

Secret 3 : Ne pas forcer l’argile

technique du linocut

Le 3e secret est un peu mystérieux : il ne faut pas forcer l’argile. Pour bien le comprendre il faut différencier 2 pratiques :

Peler l’argile : cela s’apparente à la technique du linocut ou à peler une pomme. On retire véritablement une couche d’argile, qui remonte et va se détacher de la surface.

Gratter l’argile : il s’agit d’enfoncer l’argile qui est en partie repoussée sur les côtés. C’est ce qu’on aura tendance à faire en débutant. Mais cela crée beaucoup de débris surtout si ce n’est pas fait au bon stade et avec des outils adaptés.

 

Secret 4 : Utiliser le bon outil pour graver l’argile

Ce qui m’amène au 4e secret. Il n’y a pas de mauvais outils mais des outils peu adaptés ! (sauf ceux qui perdent leur manche bien sûr, c’est du vécu ).

Apprendre à connaître les outils et comment ils réagissent à votre argile, c’est la clé du succès pour sculpter la surface de l’argile. Quand vous utilisez un outil, observez bien ce qui se passe. Observez combien d’argile il retire, et la finesse de vos motifs à différentes consistances. N’hésitez pas à varier les outils : vous pourrez ainsi obtenir plusieurs épaisseurs et profondeurs de coupe sur un même motif, ce qui peut être d’une grande beauté.

Voici quelques outils intéressants à essayer :

  • L’outil loop : Il permet de creuser dans l’argile et donc graver en profondeur. Je l’utilisais peu jusqu’à ce que je pratique le Kurinuki. Quel plaisir de creuser avec cet outil ! Un must have dans la collection du potier en herbe !
  • L’estèque souple en métal : cet outil est essentiel pour finaliser vos décors.
  • Les minis-outils de gravure  : ces outils sont assez fragiles, les choisir de bonne qualité (en acier inoxydable par exemple). Si vous tentez de graver une terre trop dure, ils peuvent se déformer et se briser. Mais quelle précision !
  • L’outil pour faire des cannelures : j’adore ces outils pour créer de belles cannelures bien définies ou des motifs en profondeur. Ils sont aussi supers pour graver dans une engobe avec la technique du sgraffito.
  • Vous pouvez aussi tester les X-actos et autres pointes en métal ou encore les lames de scie.

Retrouvez ici les cadeaux de poterie pour chaque budget.

 

Secret 5 : Réaliser les finitions à la bonne consistance

On s’approche du résultat final et on a tendance à vouloir très vite corriger les défauts. Les mains brûlent d’envie de se poser sur le décor pour retirer les petits débris d’argile réfractaires. Pourtant ici la patience est de mise car si la terre est trop collante on va juste abîmer son décor. C’est seulement lorsque la surface est bien sèche que l’on pourra nettoyer le décor.

La technique la plus fréquente consiste à gratter avec une estèque en métal la surface et ensuite à passer un coup de pinceau sec pour retirer les poussières.

Et le tour est joué !  Voilà une belle pièce prête pour la cuisson.

 

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