colombin poterie sans tour
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5 étapes pour comprendre les bases de la poterie sans tour

Si les débuts de la pratique de la poterie datent de la fin de la Préhistoire (le néolithique), celle-ci se développe réellement à partir de l’âge du bronze. Dans différentes zones géographiques du monde, les archéologues ont retrouvé de très nombreuses pièces de poterie façonnées sans tour qui ont traversé les âges. Que ce soit de la vaisselle, des jarres, des pots, mais aussi des pièces décoratives, des items dédiés aux cérémonies ou bien des sculptures, ces pièces ont été façonnées avec le premier outil de l’homme : ses mains.  

Même si l’utilisation du tour de potier est aujourd’hui très répandue, je crois que comprendre et appliquer les techniques de base du façonnage au colombin est un très bon moyen de découvrir le métier de céramiste. Voici en seulement 5 étapes quelques gestes simples qui vous serviront tout au long de votre belle carrière de céramiste !

 

1 Former des colombins

Un colombin est un petit boudin de terre cylindrique. Vous allez expérimenter des épaisseurs différentes et décider quelle sera la meilleure pour votre projet. Roulez les colombins avec le plat de la main (ou avec le plat des doigts bien tendus), en allant du centre vers les extrémités.

La longueur du colombin est déterminante. Elle dépend de ce qui vous paraît le plus facile à façonner et de l’esthétique de votre travail. Vous n’en avez aucune idée ? Commencez alors par des colombins qui font la circonférence de la pièce imaginée. Sachez toutefois que vous pouvez faire des longues spirales qui se superposent tant que les soudures entre les colombins sont bien faites.

 

2 Faire une base au contenant

base de la poterie
Base de la poterie : crédit Émilie Coquil

Pour une base convexe, poussez des petits morceaux d’argile (nous reviendrons sur la technique du pastillage) dans un pot en plastique (ou recouvert d’un film plastique) ou bien utilisez un moule en plâtre.
Faites bien adhérer les morceaux ensemble pour éviter les bulles d’air. Ne laissez pas sécher l’argile trop longtemps sur le support. Il faut que la pièce se tienne, sans être molle (on parle de consistance cuir). Vous trouverez la consistance idéale avec l’expérience.

Pour une base plate, étalez une plaque d’argile sur une table avec un rouleau. Il sera posé sur 2 baguettes de bois d’un ou 2 cm d’épaisseur qui délimitent la zone. Vous aurez ainsi une plaque bien plane. Vous aurez préalablement ajouté du sable, ou un tissu en coton sur la surface pour éviter qu’elle colle. Coupez la base selon la forme souhaitée, en laissant 1 ou 2 mm de jeu.

Un conseil : Si vous construisez une sculpture, vous n’aurez pas forcément besoin de base. Ainsi vous pourrez glisser votre main à l’intérieur de la pièce pour la travailler à votre convenance.

 

3 Monter les murs de la pièce

Prenez votre premier colombin, appuyez avec le pouce sur une extrémité du colombin pour l’aplatir,  puis déposez le sur la circonférence de la base sans dépasser, et coupez l’excédent. Faites adhérer une extrémité à la première. Votre premier colombin est en place ! Ensuite il s’agira de souder ce colombin à la base, puis d’empiler les colombins les uns sur les autres en les soudant à mesure qu’on monte la pièce.

La technique du colombin a un atout majeur, elle permet de contrôler la forme de la poterie. En effet, à mesure que vous placez les colombins les uns  sur les autres, vous pouvez décaler le colombin plutôt vers l’intérieur, plutôt vers l’extérieur selon la courbe souhaitée. Il est aussi possible de rectifier les angles des parois en les tapant délicatement avec une spatule. Je recommande à cette étape de soutenir la paroi avec la main (ou un outil qui suit la forme) pour éviter de la déformer.

Un conseil : Procurez-vous une tournette (voir la photo ci-dessus) pour y poser votre pièce et pouvoir l’observer de tous les côtés !  Travailler en volume demande de mettre en place des habitudes visuelles ! Cela ne se fait pas du jour au lendemain.

 

4 Joindre les colombins

Parce qu’un pot en colombin est fait de nombreux éléments séparés, il est très important de travailler les jointures avec soin. Sans soudure, la pièce va littéralement s’effondrer sur elle-même, se fissurer, ou se déformer. Pour vérifier qu’un colombin est bien attaché au précédent, il suffit de tirer dessus légèrement; s’il se détache facilement, c’est mauvais signe. Mieux vaut l’enlever et recommencer.

Si vous souhaitez lisser la surface extérieure de la pièce et que votre terre est meuble, vous n’aurez qu’à utiliser vos pouces pour pousser la partie bombée du colombin sur le colombin du dessous, car lisser la paroi ou la frapper renforce la structure de celle-ci.

Si vous souhaitez garder les colombins visibles, éventuellement lissez l’intérieur et utilisez la technique des lutations en plus. Dit simplement, cela consiste à préparer une “colle”, la barbotine, à base d’eau et de terre sèche broyée (voir le glossaire) qu’on applique sur les deux surfaces à joindre, griffonnées auparavant avec une chiqueteuse ou à défaut un pic.

Un conseil : Réduisez l’épaisseur des colombins progressivement à mesure que vous montez vos créations d’argile. Elles seront ainsi plus légères.

 

5 Réaliser les finitions de la poterie

urne poterie sans tour
urne façonnée au colombin – crédit : Émilie Coquil

Il est important d’emballer sa pièce avec soin sur et sous plastique pour qu’elle prenne du corps. Le lendemain ou quand vous le jugerez bon, elle ira juste sous un plastique mais à l’abri des courants d’air. Vérifiez l’état de la pièce régulièrement pour voir s’il n’y a pas de fissures. Dès qu’elle est à consistance cuir, c’est-à-dire qu’elle ne se déforme plus sous les coups, vous viendrez lisser, gratter, tapoter la surface selon le rendu voulu. Lorsqu’elle est presque sèche vous pouvez la poncer pour obtenir un aspect lisse, en portant un masque bien sûr !

L’important est de comprendre qu’il ne faut pas aller trop vite, adapter son geste à la consistance de l’argile et bien gérer le temps de séchage. Plus la pièce sera grande, plus le séchage sera un enjeu. Alors commencez petit pour apprendre la technique et observer comment votre terre réagit !

Un conseil : Prenez des notes et des photos du processus, ça vous servira plus tard.

 

Avec cet article, vous voilà prêt(e) à réaliser toutes sortes de pièces. Alors lancez-vous et tenez-moi au courant de vos progrès ! Je serais heureuse de vous accompagner !

 

 

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